Calanque de Sormiou - Underwater selfie Morgan Bourc'his

Stages d'apnée à Marseille - MORGAN BOURC'HIS : Explorer une nouvelle approche de l'eau en allant à contre-courant

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Je plonge pour vivre des sensations uniques. Lorsque je me retrouve en apnée sous l’eau, mon corps s’adapte à cet instant de survie. Il possède cette capacité de fonctionner au ralenti pour être économe et évoluer dans ce milieu qui n’est pas le nôtre. Grâce à l’entraînement répété, cette capacité d’adaptation devient plus performante et je peux évoluer sereinement sous la surface de l’eau, plus longtemps et plus profond.

J’essaie de plonger toute l’année. J’ai la chance de voyager et de pouvoir plonger dans les mers chaudes, propices à ma pratique. Mais je passe la majeure partie de l’hiver à Marseille et la Méditerranée sous nos côtes provençales est froide. Elle peut descendre à 11 ou 12°C. Lorsque je plonge, je suis bien protégé par une combinaison adaptée. Les sessions sont plus difficiles car je suis moins détendu à cause du froid, elles sont aussi plus courtes. J’aime malgré tout ces sessions d’hiver car il y a peu de monde en mer, on se sent privilégié, et la nature est tout aussi belle. Je ne suis pas pour autant un adepte des bains de mer en maillot. Cela m’arrive parfois un jour de beau temps, plus par défi, rarement par besoin. Je m’adonne avec un groupe d’amis au bain du nouvel an, en montagne. L’eau est vraiment très froide, et il s’agit ici d’un défi collectif.

Cet hiver j’y pris goût aux bains de mer. Je multiplie les expériences au gré de mes envies et sans me forcer. Je favorise mes immersions dans les calanques pour le cadre grandiose, mais un bain rapide dans un coin plus urbain fait aussi l’affaire. Passé les premiers instants où le corps lutte pour s’adapter, les moments qui suivent sont exceptionnels. Notre pouvoir d’adaptation est fantastique. À partir de trois minutes environ, j’éprouve une sensation de plénitude. J’ai le sentiment que mon organisme optimise son fonctionnement à l’économie. Je m’immerge seul, sans bruit et loin des regards, car c’est vraiment un moment de plaisir avec moi-même.

Je ne fais rien d’exceptionnel. Il existe de nombreux regroupements associatifs en France comme les Ours Blancs à Biarritz, les Pingouins de Dieppe ou les Canards Givrés à La Baule. La température de leur bain atlantique est souvent bien plus froide que la mienne ! Et bien des particuliers s’adonnent à cette pratique sans appartenir à un groupe spécialisé. Cette tradition dans les pays scandinaves est beaucoup plus commune que chez nous. Je suis également bien loin de la célèbre méthode Wim Hof, extraordinaire Hollandais qui se baigne dans l'eau glacée depuis plus de quinze ans.

De nombreuses études vantent les bienfaits de ses immersions en eau froide « vivante » (l’eau de mer contient de nombreux micro-organismes) sur notre santé physiologique et psychique: ces immersions répétées stimulent le système immunitaire et le renforcent, elles favorisent aussi la vasomotricité du système vasculaire dans son ensemble, elles ont un effet antidépresseur, euphorisant et anxiolytique. Mais je veux surtout ici faire le lien avec un sujet que j’affectionne, la motivation.

A travers cet exemple, une activité de baignade en milieu froid donc un peu hostile, je veux souligner un comportement subversif, qui bouleverse les idées reçues. Toute proportion gardée dans la subversion, il s’agit juste ici de se tremper dans l’eau froide. Rien de franchement hors-la-loi ou qui manifeste un comportement qui pourrait troubler l’ordre public. Mais pour la majorité des gens, cette activité relève un peu de la folie douce ! Nous occultons les bienfaits supposés, nous n'y croyons pas trop et nous pensons surtout que nous allons tomber malade. Mais ce n’est pas le froid qui est la cause de la maladie, ce sont les virus et certaines bactéries.

Je tiens surtout à m’attarder sur l’état d’esprit dans lequel j’aborde cette activité. Aller contre les idées reçues procure de l’excitation, synonyme d’activation de l’organisme. Ce phénomène se manifeste avant même l’immersion, par la projection mentale de ce que nous allons faire. J’ai été initié à la méthodologie APTER© par le consultant-formateur Frédéric Lincker. Selon cette méthode basée sur la théorie du renversement psychologique, il existe un état mental correspondant à ces principes, c’est l’état TRANSGRESSIF, sans connotation péjorative. Il est synonyme de liberté, d’opposition, d’aller contre les règles établies, s’opposer aux normes, se démarquer. J’ajoute que je suis dans un état de plaisir absolu pendant ces sessions, j’éprouve des sensations très fortes à travers mon corps. Je suis dans un deuxième état mental, celui de l’ENJOUÉ. Ses caractéristiques sont le vivre pleinement, la jouissance, l’instant présent. Nous sommes loin de la projection vers un objectif ou un but.

Au final, je relève que cette activité me procure autant de bien physiquement que psychiquement. Et ce ne sont pas simplement les caractéristiques physiques du milieu qui en sont la cause. L’acte en lui-même, à contre-courant des idées reçues, me procure tout autant de satisfaction. Un petit plaisir simple de la vie qui permet de se ressourcer, de se faire du bien, sans compétition avec autrui. Il s’agit aussi d’expérimenter un contact somatique renouvelé avec la nature, même lorsque celle-ci est plus rugueuse et moins accueillante.

Et vous, quels sont vos expériences à contre-courant qui vous permettent de vous ressourcer ?

Explorer une nouvelle approche de l'eau en allant à contre-courant

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